PHOTOGRAPHIES : UNE INTROSPECTION

  La photographie ? Dessiner, sculpter non avec des outils traditionnels (crayons, pinceaux, ciseaux à bois, burin…) ni même avec des matériaux classiques (pierre, marbre, toile, peinture…) mais dessiner avec l’action de la lumière sur une surface sensible à l’aide de moyens techniques et chimiques permettant d’obtenir l’empreinte d’une image durable d’un objet ou d’une personne. Une empreinte est une marque laissée par un corps physique sur une surface. On aperçoit une reproduction inversée, en creux du corps emprunt. L’image photographique n’est pas une empreinte par contact direct mais à distance puisqu’elle est dû à l’effet chimique produit par un flux de photons émis et réfléchis par l’objet photographié. 

   Avec ce procédé d’empreinte lumineuse, l’image photographique ressemble à une image « acheiropoïète », une image « non faite de la main de l’homme », comme le « Saint Suaire » de Turin. Les savoir-faire manuels traditionnels, la virtuosité technique s’effacent derrière des procédés techniques automatiques qui lui confèrent un caractère magique, miraculeux un effet d’apparition quelque peu surnaturel comme si l’image se générait toute seule car le procédé est invisible dans sa chambre noire. L’image est toujours latente, cachée, prête à apparaitre.

   Photographier, c’est avant tout produire une empreinte du réel. L’image renvoie toujours en premier lieu au réel qu’elle reproduit. C’est souvent le résultat d’une situation qui a existé. « Le vrai photographique », un miroir enregistreur du monde qui fait valoir son usage documentaire, son témoignage, une photo souvenir. Preuve du réel mais aussi double artificiel, artefact, une reproduction des choses sans le vivant, sans la substance vitale, sans le continuum de l’existence un simulacre qui n’a que l’apparence de ce qu’il reproduit. 

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